Faut-il encore apprendre à coder à son enfant ? Ce qui reste utile avec l'IA

Portrait d'Ada Lovelace
Ada Lovelace, aquarelle d'Alfred Edward Chalon, vers 1840. En 1843, elle publie des notes sur la machine analytique de Charles Babbage, souvent présentées comme le premier programme informatique. Domaine public, Wikimedia Commons.

Il y a dix ans, on conseillait à tous les parents d'inscrire leur enfant à un atelier de code. Aujourd'hui, une IA écrit en quelques secondes un programme qu'un débutant mettrait une semaine à produire, et les parents me demandent si cela vaut encore la peine.

Je leur réponds oui. Plus pour lui garantir un métier, en revanche : pour qu'il sache vérifier ce que produit une machine.

Le code n'est plus un métier garanti

Le code était présenté comme un métier d'avenir garanti. Ce n'est plus aussi simple : une bonne partie du travail confié aux développeurs débutants, écrire des fonctions courantes, corriger des erreurs classiques, est désormais assistée par des outils d'IA. Apprendre la syntaxe d'un langage pour « avoir un métier » est un mauvais calcul.

Écrire du code pour savoir lire celui d'une IA

Programmer apprend autre chose : découper un problème en étapes, nommer les choses avec exactitude, prévoir les cas où tout casse, vérifier que le résultat est juste. C'est du raisonnement, très proche des mathématiques. Et c'est ce qui permettra à votre enfant de juger le travail d'une IA au lieu de le recopier.

Un élève qui a écrit lui-même quelques programmes voit vite quand le code proposé par une IA est faux, ou juste par hasard. Celui qui n'en a jamais écrit doit faire confiance.

À quel âge, et comment

Avant dix ans, rien ne presse. Les jeux de logique, les casse-têtes, les constructions et les jeux de programmation par blocs comme Scratch suffisent largement. À cet âge, ce qui compte, ce sont le calcul, la lecture et la capacité à suivre un raisonnement jusqu'au bout.

Au collège, la programmation par blocs fait partie du programme de mathématiques. Au lycée, l'algorithmique en Python est l'une des parties du programme de mathématiques de seconde, et la spécialité numérique et sciences informatiques (NSI) permet d'aller plus loin en première et en terminale. Un élève à l'aise en mathématiques n'a pas besoin de stages coûteux : un bon livre, un petit projet personnel et un adulte qui relit son code suffisent.

Ce que je conseille aux familles

Ne remplacez pas les mathématiques par le code. Un enfant qui programme sans bases solides en mathématiques bricole ; un enfant solide en mathématiques apprend à programmer en quelques mois, à n'importe quel âge. Si vous devez choisir où mettre ses heures, mettez-les d'abord là.

Ensuite, faites-lui construire quelque chose qui sert : un petit jeu, un outil pour un club, une page pour une association. Avec une IA à côté s'il le souhaite, à condition qu'il comprenne chaque ligne qu'il garde. Le choix du langage, lui, importe peu.

Savoir quoi travailler, et dans quel ordre, dépend de votre enfant. C'est ce que je construis avec les familles dans un plan d'action : son niveau réel, ce qu'il doit construire, et le calendrier qui va avec.

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Construire le plan de votre enfant

Son niveau réel, ce qu'il doit construire, les décisions à venir et leur calendrier : un plan d'action écrit pour lui.

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