Faut-il encore faire médecine avec l'IA ? Ce qui change pour les élèves d'aujourd'hui

La Leçon d'anatomie du docteur Tulp, de Rembrandt
La Leçon d'anatomie du docteur Tulp, Rembrandt, 1632, Mauritshuis, La Haye. Domaine public, Wikimedia Commons.

« Il veut faire médecine, mais avec l'IA, est-ce que ce sera encore un bon métier ? » La question revient chez les parents de collégiens et de lycéens qui visent les études de santé. Elle est légitime : l'IA lit déjà des images médicales, aide à poser des diagnostics, résume des dossiers.

Je ne suis pas médecin. Je prépare des élèves aux études sélectives, dont la médecine, et je suis de près ce que l'IA change dans les métiers et dans la façon d'apprendre. Je partage ici ce que je dis aux familles.

Ce que l'IA fait en médecine, et ce qu'elle laisse au médecin

L'IA est très efficace sur des tâches bien délimitées : repérer une anomalie sur une image, croiser des milliers de publications, proposer des hypothèses. Elle ne porte pas la responsabilité d'une décision, n'examine pas un patient, n'annonce pas une mauvaise nouvelle et ne choisit pas entre deux traitements en tenant compte d'une vie entière.

Le médecin de demain travaillera avec ces outils comme il travaille aujourd'hui avec l'imagerie ou les analyses : il devra savoir quand leur faire confiance et quand s'en méfier. Et les besoins de soins ne diminuent pas, avec une population qui vieillit.

Ce qui change pour un élève qui vise médecine

Les études restent longues et sélectives. Ce qui fait réussir la première année change peu : des bases solides en biologie, en chimie et en physique, une grande capacité de travail, une méthode pour retenir beaucoup et vite, et de bons résultats au lycée, puisque la sélection commence dès Parcoursup.

Ce qui prend de la valeur, en revanche : le raisonnement scientifique et statistique, pour lire une étude et juger un résultat, y compris celui d'une machine ; l'anglais, langue de la recherche médicale ; et les qualités humaines, écoute, clarté, sang-froid, que les facultés étrangères évaluent déjà en entretien.

Les mathématiques, souvent négligées

Beaucoup de lycéens qui visent médecine abandonnent les mathématiques en fin de première pour garder SVT et physique-chimie. C'est un choix courant, et défendable. Mais une option de mathématiques en terminale et un vrai niveau en statistiques aident en première année, où les biostatistiques font partie du programme, puis pour lire la littérature médicale et juger ce que proposent les outils d'IA.

En France et ailleurs

En France, l'accès passe par une première année sélective à l'université, dont l'organisation change à la rentrée 2027 (voir l'encadré). Au Royaume-Uni, on candidate dès la fin du lycée, avec un test d'aptitude, l'UCAT, et des entretiens. Aux États-Unis, la médecine se fait après un premier diplôme universitaire de quatre ans. Pour un élève de lycée français, ces trois voies ne se préparent ni de la même façon ni au même moment.

Si votre enfant vise la médecine, ou hésite, le plus utile est de mesurer où il en est et de choisir ses spécialités en connaissance de cause. C'est ce que je fais dans le bilan d'orientation et de niveau, et sur plusieurs années dans un plan d'action.

La réforme de la rentrée 2027. D'après Service Public (29 avril 2026), le PASS et la L.AS sont remplacés à la rentrée 2027 par un cursus unique des études de santé, avec une première année harmonisée au niveau national, pour la médecine, la maïeutique, l'odontologie, la pharmacie et la kinésithérapie. On peut candidater en fin de première et de deuxième année de licence, et le classement porte sur l'ensemble du parcours. Les textes d'application sont à vérifier sur le site du ministère de l'Enseignement supérieur.

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