Le Canada attire beaucoup de bacheliers français, et pour une bonne raison : au Québec, un étudiant français paie bien moins qu'un étudiant international, grâce à un accord entre la France et le Québec. Les universités y connaissent bien le bac, et l'admission se décide sur les bulletins, pas sur un concours. Mais « étudier au Canada » recouvre des situations très différentes selon la province et l'université, et une candidature qui marche à Montréal ne marche pas forcément à Toronto.
Québec : le tarif préférentiel des étudiants français
Le gouvernement du Québec l'écrit : un étudiant français inscrit à temps plein en premier cycle peut obtenir le tarif applicable aux Canadiens qui ne résident pas au Québec, sans la majoration supplémentaire. Il faut pour cela un passeport français valide, un permis d'études et un certificat d'acceptation du Québec. Les binationaux franco-canadiens ne sont pas concernés.
L'écart est considérable. À l'Université de Montréal, pour 30 crédits en 2026-2027, le tarif des Canadiens non-résidents du Québec est d'environ 9 730 dollars canadiens dans un programme en français, contre environ 30 770 pour un étudiant international. L'université résume l'avantage à sa façon : des droits deux à trois fois moins élevés que ceux des autres étudiants internationaux. Ces montants s'entendent hors frais annexes. En dehors du Québec, cet accord ne s'applique pas : un étudiant français paie les droits des étudiants internationaux.
McGill avec le bac français
McGill, l'université anglophone de Montréal, examine les candidats français sur leurs bulletins de première et de terminale, avec les notes sur 20 et la moyenne de la classe, ou sur les résultats du bac s'il est déjà obtenu. Pour les formations sélectives, il faut être au-dessus de la moyenne de la classe. Une fois admis, l'élève doit obtenir le bac dès le premier groupe et garder le même niveau jusqu'au bout. Le bac professionnel et le bac technologique ne sont pas acceptés.
Les prérequis dépendent de la formation : la spécialité mathématiques en première et en terminale pour les sciences et l'ingénierie, aucune matière imposée pour les lettres. McGill peut aussi demander à tout moment une preuve du niveau d'anglais, quel que soit le parcours du candidat. Selon la formation, le bac peut ouvrir droit à des équivalences de crédits.
L'Université de Montréal et les universités francophones
À l'Université de Montréal, le bac général ou technologique donne accès au premier cycle, en trois ans comme en France. L'université précise que des exigences supplémentaires peuvent s'ajouter selon le programme, sur le niveau scolaire et les spécialités suivies. La date limite générale pour la rentrée d'automne est le 1er février, avec des dates propres à certains programmes.
Pour un élève qui veut étudier en français à l'étranger, sans rupture de langue ni de méthode, c'est l'une des options les plus simples. Pour un élève qui veut une immersion anglophone, McGill ou une université d'une autre province répondent mieux, avec un coût plus élevé hors du Québec.
Exemple : une entrée à l'automne 2027. Candidatures à l'Université de Montréal jusqu'au 1er février 2027 pour la plupart des programmes. Droits de scolarité 2026-2027 de l'ordre de 9 730 dollars canadiens pour 30 crédits au tarif préférentiel, hors frais annexes. Les montants sont révisés chaque année par le Québec et par les universités.
Construire une candidature au Canada
Parce que l'admission se décide sur les bulletins, une candidature canadienne se prépare en première : notes au-dessus de la moyenne de la classe dans les matières clés, spécialités adaptées à la formation visée, et pour McGill un niveau d'anglais démontrable. Elle se mène en parallèle de Parcoursup, avec un calendrier propre à chaque université.
C'est souvent une très bonne option de complément dans une stratégie qui vise aussi les États-Unis ou le Royaume-Uni ; je décris ces systèmes dans Étudier aux États-Unis après le bac et UCAS avec le bac français. Chez Carmine, nous construisons la liste d'universités et les dossiers en conséquence.