McGill lit le bac français depuis longtemps et le dit sur sa page d'admission. Elle publie, faculté par faculté, les spécialités exigées et les moyennes sur 20 des élèves qu'elle admet habituellement. Pour une famille française, la surprise vient plutôt du prix : un étudiant français y paie moins qu'un Canadien venu de Toronto ou de Vancouver.
Le tarif d'un Français : la colonne B
Depuis l'automne 2024, le Québec a relevé les droits des étudiants canadiens qui ne résident pas dans la province. McGill a donc plusieurs colonnes de tarifs selon l'année d'admission. Les citoyens français titulaires d'un CAQ, le certificat d'acceptation du Québec, restent au « tarif B », celui des Canadiens admis avant 2024. Pour 30 crédits en 2026-2027, la scolarité y est de 9 730,50 dollars canadiens, en sciences comme en commerce.
À la scolarité s'ajoutent des frais obligatoires : associations, services aux étudiants, frais administratifs, informatique, droits d'auteur. Pour un Bachelor of Science, McGill affiche un total de 12 306,34 dollars au tarif B. Un étudiant français avec un permis d'études retire l'assurance santé étudiante de 195 dollars et ajoute l'assurance internationale de 1 151 dollars, soit environ 13 260 dollars canadiens pour l'année, avant le logement et la vie à Montréal. La règle n'est pas propre à McGill : elle découle de l'entente entre la France et le Québec, présentée dans Étudier au Canada après le bac français.
Deux conditions à ne pas oublier : le CAQ et le permis d'études se demandent après l'admission, et le tarif B ne s'applique qu'avec un CAQ valide. Le Québec plafonne le nombre de CAQ délivrés aux étudiants étrangers ; McGill indique avoir obtenu son allocation et ne pas prévoir de refus liés à ce plafond pour ses admis.
Les spécialités, faculté par faculté
McGill fixe ses prérequis en termes de spécialités du bac réformé. La règle générale pour les sciences, l'ingénierie, l'architecture et la kinésiologie est la spécialité mathématiques en première et en terminale, avec la physique-chimie en première. Les lettres, l'éducation et le travail social n'imposent aucune spécialité.
Le management mérite une lecture attentive. Il accepte deux profils : spécialité maths jusqu'en terminale, ou spécialité maths en première puis l'option mathématiques complémentaires en terminale. Mais la barre n'est pas la même. Avec la spécialité, McGill indique des notes de maths habituellement entre 15,5 et 16,5 ; avec maths complémentaires, entre 16,5 et 17. Un élève qui abandonne la spécialité en fin de première doit donc compenser par un point de plus.
Les programmes du campus Macdonald, à Sainte-Anne-de-Bellevue (agriculture, environnement, alimentation, nutrition), ne demandent la spécialité maths qu'en première, avec la physique-chimie et une troisième matière scientifique.
Les moyennes publiées
McGill publie des « fourchettes minimales typiques » d'admission, sur 20, en précisant qu'elles changent chaque année et ne garantissent rien. Elles montrent surtout l'écart entre les programmes.
| Programme | Moyenne générale | Maths et sciences |
|---|---|---|
| Génie mécanique, bio-ingénierie | 18 à 19 | 17,5 à 18,5 |
| Architecture | 17,5 à 18,7 | 16 à 18 |
| Génie civil, chimique, électrique, informatique | 17 à 18 | 17 à 18 |
| Sciences physiques, mathématiques et informatique | 16,5 à 17,5 | 15,5 à 16,5 |
| Arts (lettres et sciences humaines) | 16,5 à 17,5 | sans objet |
| Bachelor of Arts and Science | 16 à 17 | 15 à 16 |
| Génie des matériaux, génie minier | 14,5 à 15,5 | 14,5 à 15,5 |
| Kinésiologie | 13 à 13,5 | 13 à 13,5 |
| Agriculture et environnement (Macdonald) | 11 à 12 | 11 par matière |
Deux lectures s'imposent. D'abord, « McGill » ne veut rien dire en soi : entre le génie mécanique et le génie minier, il y a plus de trois points de moyenne. Ensuite, ces notes sont lues avec la moyenne de la classe. McGill écrit qu'elle examine toutes les informations des bulletins et que, au moins pour les programmes contingentés, elle attend des résultats au-dessus de la moyenne de la classe. Un 16 dans un lycée où la classe a 15 ne se lit pas comme un 16 dans une classe à 11.
Ce que la page ne souligne pas
Quelques lignes de la page McGill changent une stratégie, et les familles les voient rarement.
Les classes préparatoires ne comptent pas. Un élève qui fait une année de prépa avant de candidater est évalué sur son bac, et doit se présenter comme lycéen, pas comme étudiant en transfert.
Un dossier incomplet peut être annulé. McGill indique que, lorsque les places manquent, la préférence peut aller aux candidats qui ont envoyé leurs pièces plus tôt, et qu'un programme plein avant la date limite des pièces peut annuler les dossiers incomplets. Les décisions pour les lycées hors Amérique du Nord s'échelonnent de la mi-novembre à la mi-mai : un dossier complet en décembre est lu plus tôt.
Le français n'est pas exigé pour l'admission, sauf dans certains programmes : les soins infirmiers demandent une preuve de français, et la diététique n'est ouverte, pour le bac français, qu'aux élèves du Collège Marie de France et du Collège Stanislas, deux lycées français de Montréal.
Le logement en résidence est assuré en première année pour les étudiants de 22 ans ou moins qui ont accepté leur offre, à condition de déposer la demande au printemps et de confirmer la chambre avant la mi-juin. Un élève qui accepte tard son offre de McGill, en attendant une réponse britannique ou américaine, doit garder un œil sur cette date.
Exemple : le calendrier pour une entrée à l'automne 2027.
Ouverture des candidatures le 1er octobre 2026. Date limite de candidature le 15 janvier 2027, de la demande de bourse d'entrée le 21 janvier, des pièces justificatives le 1er mars 2027 (7 mars pour le travail social). Décisions estimées entre la mi-novembre 2026 et la mi-mai 2027. Dépôt de confirmation de 1 000 dollars canadiens pour un étudiant international, non remboursable s'il ne s'inscrit pas. Demandes de résidence à partir de mars 2027. Tarifs 2026-2027 : grille Student Accounts de McGill.
Le bon profil pour McGill
McGill récompense la régularité. Il n'y a ni essay, ni entretien, ni test pour la plupart des programmes, et la question du dossier est traitée dans McGill et les universités canadiennes : y a-t-il un essay. Tout repose sur les bulletins de première et du premier trimestre de terminale, lus contre la moyenne de la classe. Pour un élève à 17 de moyenne avec des maths solides, l'ingénierie ou les sciences sont réalistes, à un prix bien inférieur à celui d'une université américaine. Pour un élève qui a des atouts hors des notes, une candidature aux États-Unis ou au Royaume-Uni les mettra mieux en valeur.
Le travail se fait donc tôt : choisir les spécialités en fin de seconde en pensant au programme visé, tenir les notes de maths en première, et monter un dossier complet dès décembre. C'est ce que nous faisons avec les familles chez Carmine, en même temps que Parcoursup et les autres candidatures. Pour en parler, écrivez-nous, ou découvrez notre accompagnement admissions.