ETH Zurich avec le bac français : admission directe ou examen

Le bâtiment principal de l'ETH Zurich vu depuis la Polyterrasse
Le bâtiment principal de l'ETH Zurich, depuis la Polyterrasse. Photo Leonhard Lenz, Wikimedia Commons, CC0.

L'ETH Zurich, l'École polytechnique fédérale de Zurich, est l'une des écoles les plus simples à comprendre pour un bachelier français : ses conditions d'admission sont écrites noir sur blanc, pays par pays. Un élève qui les remplit entre sans examen. Celui qui ne les remplit pas passe un examen d'entrée, et perd en général un an.

Deux choses font pourtant échouer des candidatures solides : la note exigée, qui se joue dès la première, et la langue, puisque les études de bachelor s'y font en allemand.

ETH Zurich, admission post-bac : les conditions pour un bac français

La grille officielle de l'ETH pour l'année 2026-2027 fixe, pour le baccalauréat général, trois exigences cumulées :

  • Trois matières suivies en première et en terminale : la spécialité mathématiques ou les maths expertes, la spécialité SVT ou physique-chimie, et le français ou la première langue vivante.
  • Une moyenne d'au moins 14/20 sur ces trois matières à l'examen final.
  • Une moyenne finale du bac d'au moins 16/20.

S'y ajoute une condition de parcours : quatre matières parmi la physique, la chimie, la biologie, l'informatique, une autre langue, la géographie, l'histoire et l'économie doivent avoir été suivies pendant les trois dernières années de lycée. Pour un élève de spécialité maths et physique-chimie, c'est presque toujours le cas.

Le 16/20 est la vraie barrière. La moyenne finale du bac intègre le contrôle continu de première et de terminale : un élève qui se relâche en première peut avoir perdu l'ETH avant même de candidater. C'est en première que cette candidature se prépare.

L'allemand, la condition qu'on découvre trop tard

L'ETH l'écrit en toutes lettres : la langue principale d'enseignement en bachelor est l'allemand. Sauf pour les élèves de langue maternelle allemande et quelques diplômes germanophones, il faut fournir un certificat d'allemand de niveau C1 au plus tard à la date limite de candidature, le 31 mars. Ce délai ne se négocie pas, et l'ETH ne propose aucun cours d'allemand.

Le niveau C1 suppose plusieurs années de travail sérieux. Un élève qui a fait allemand en LV1 ou en LV2 depuis le collège, avec de bons résultats, peut y arriver en s'y mettant dès la première. Un élève qui n'a jamais fait d'allemand doit regarder ailleurs, ou viser l'ETH plus tard, au niveau master, où les exigences de langue sont différentes.

ETH Zurich, admission exam : l'examen d'entrée réduit

Un bachelier français qui ne remplit pas les conditions, par exemple avec 15,5 de moyenne finale, doit passer l'examen d'entrée réduit. Il porte sur les mathématiques, la physique, la chimie et la biologie, se passe en allemand à Zurich, chaque année au cours des troisième et quatrième semaines de janvier, et coûte 550 francs suisses.

Le calendrier en fait une année de plus : l'examen a lieu en janvier qui suit le bac, et l'entrée se fait à l'automne suivant. Le programme suit les objectifs de la maturité suisse, et non ceux du bac français. C'est une voie réelle, mais exigeante, et elle se prépare comme un concours.

Exemple : une entrée à l'automne 2027. Candidature en ligne du 1er décembre 2026 au 31 mars 2027, certificat d'allemand C1 compris. Envoi du diplôme du bac dès réception, et au plus tard le 31 août 2027. Début des cours le 20 septembre 2027. L'ETH annonce un traitement des dossiers en huit semaines environ.

Ce que coûte l'ETH pour un étudiant venu de France

Depuis l'automne 2025, l'ETH distingue deux groupes. Les étudiants qui résidaient en Suisse en obtenant leur diplôme paient 730 francs par semestre. Les autres étudiants étrangers, ce qui inclut un bachelier français vivant en France, paient le triple, 2 190 francs par semestre. Il faut y ajouter le coût de la vie à Zurich : l'ETH publie un document dédié aux frais de vie des étudiants internationaux.

ETH ou EPFL : deux logiques différentes

Les deux écoles polytechniques fédérales demandent toutes deux 16/20 de moyenne à un bachelier français, mais ne fonctionnent pas de la même façon. L'EPFL, à Lausanne, enseigne en français et classe les candidats sur leur moyenne dans la limite des places : remplir les conditions donne le droit d'être classé, pas une place. L'ETH présente ses conditions comme un seuil, sans annoncer de classement, mais exige l'allemand. J'ai détaillé l'EPFL dans EPFL avec un bac français.

Le bon choix dépend donc du profil autant que du prestige : un élève germaniste solide a une vraie carte à jouer à Zurich, un élève sans allemand se tournera vers Lausanne. Ces arbitrages se font en seconde ou en première, quand on peut encore agir sur les notes et sur la langue. C'est le travail que nous faisons avec les familles chez Carmine, et pour les maths, je prépare les élèves en cours particuliers, jusqu'à l'examen d'entrée si besoin.

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