À Dubaï, « le lycée français » désigne en réalité trois maisons, qui ne se ressemblent ni par le prix ni par la façon de trier les dossiers. Le Lycée français international Georges-Pompidou, le LFIGP, compte environ 2 600 élèves sur deux sites. Le Lycée français international de l'AFLEC, rattaché à la Mission laïque française, est le plus gros, 3 233 élèves selon l'annuaire de l'AEFE. Le Lycée français Jean-Mermoz, ouvert en 2017 à Al Quoz, en compte 1 513, et un second campus, Jean-Mermoz South, a ouvert en 2024 à Al Barsha South. Tous sont des établissements partenaires de l'AEFE, c'est-à-dire des écoles privées homologuées par l'Éducation nationale, et tous dépendent d'abord de la KHDA, l'autorité qui régule les écoles privées de Dubaï et encadre leurs frais.
Le guide général pour choisir entre cursus français, britannique et IB est dans quelle école choisir à Dubaï. Ici, on reste sur les écoles françaises, une par une.
Les frais, niveau par niveau
Les montants qui suivent sont les frais de scolarité annuels publiés par la KHDA dans sa fiche de chaque école, consultée en octobre 2026. Pour le LFIGP, ils correspondent aux fiches 2026-2027 de l'école, qui précise avoir demandé à ne pas augmenter ses frais cette année-là.
| Niveau | Georges-Pompidou | AFLEC, Oud Metha | Jean-Mermoz, Al Quoz |
|---|---|---|---|
| Petite section | 31 276 AED | 29 488 AED | 39 789 AED |
| CP | 36 920 AED | 35 385 AED | 47 526 AED |
| Sixième | 46 695 AED | 41 806 AED | 55 262 AED |
| Troisième | 46 695 AED | 47 509 AED | 61 893 AED |
| Seconde | 50 700 AED | 59 388 AED | 64 104 AED |
| Terminale | 50 700 AED | 62 363 AED | 68 525 AED |
Trois écarts méritent qu'on s'y arrête. Le LFIGP est le moins cher au lycée, et de loin : une terminale y coûte près de 18 000 AED de moins qu'à Jean-Mermoz. L'AFLEC fait un saut brutal entre la troisième et la seconde, presque 12 000 AED d'un coup. Jean-Mermoz augmente à chaque classe, sans palier. Pour une famille qui arrive avec un enfant au collège, la facture du lycée doit être calculée tout de suite, pas découverte trois ans plus tard. Converti en euros, le tarif de seconde du LFIGP se place au milieu des neuf lycées français que je compare dans le guide des lycées français à l'étranger, entre Bangkok et Londres.
Les deux nouveaux campus jouent dans une autre catégorie. Jean-Mermoz South affiche 45 000 AED en petite section et 72 000 AED en première. L'AFLEC a ouvert à Mudon un site de maternelle et d'élémentaire, à 65 000 AED en petite section et 80 000 AED du CP au CM2, soit plus du double de son campus historique.
À la scolarité s'ajoutent des frais que la fiche KHDA du LFIGP chiffre pour la seconde : le transport, de 4 993 à 8 527 AED par an, l'uniforme, les livres, un ordinateur. Pour la cantine, lepetitjournal.com relevait un repas à 28 AED au LFIGP et à 24 AED à l'AFLEC, un poste souvent sous-estimé, note le même article, par les familles qui ont plusieurs enfants.
Ce que disent les inspections
La KHDA inspecte les écoles et publie une note globale, sur une échelle qui va de Very weak à Outstanding. Les dernières notes publiées datent de l'inspection 2023-2024.
Je lis ces notes avec prudence. L'inspection de Dubaï évalue aussi l'arabe, l'éducation islamique et le bien-être, et une école française peut perdre un cran sur ces critères sans que l'enseignement des mathématiques ou du français en soit affecté. Le détail par matière, publié dans le rapport, est plus utile que la note globale.
Comment le LFIGP classe les dossiers
Le LFIGP publie une politique d'admission détaillée, ce qui est rare, et elle contient une phrase que beaucoup de familles lisent trop vite : les dossiers sont classés par ordre d'arrivée, à la date et à l'heure. Les campagnes ouvrent à l'automne, un jour et à une heure annoncés à l'avance. Dans les niveaux demandés, déposer le soir même ou trois semaines plus tard ne revient pas au même.
Ce classement s'applique à l'intérieur de cinq catégories, dans cet ordre :
- les élèves de nationalité émirienne ;
- les enfants du personnel de l'école ;
- les frères et sœurs d'élèves déjà inscrits ;
- les élèves qui viennent d'un établissement français ou du réseau AEFE ;
- les élèves de tout autre cursus.
Un enfant français qui arrive d'une école britannique de Londres passe donc derrière celui qui arrive d'un lycée français de Singapour. Ce n'est pas la règle des établissements en gestion directe, où la nationalité française compte d'abord, et c'est l'une des différences entre statuts que je décris dans l'inscription dans un lycée français à l'étranger.
Quelques règles complètent cette politique. Un test de positionnement ou un entretien peut être demandé dès le CP, facturé 300 AED. Une fois le dossier accepté, la place se confirme en payant 500 AED de frais d'admission et 10 % de la scolarité annuelle, non remboursables, mais déduits du premier trimestre. L'école ouvre une liste d'attente quand les demandes dépassent les places, sans garantie d'inscription. Et l'entrée en terminale est réservée aux élèves qui ont suivi une première homologuée.
L'AFLEC et Jean-Mermoz
À l'AFLEC, le dossier se dépose en ligne, avec 500 AED de frais par enfant, puis passe en commission d'admission. Pour les élèves qui ne viennent pas d'une école française homologuée, l'évaluation est systématique : une courte vidéo faite par les parents pour les plus petits, des tests à partir du CP. L'inscription n'est confirmée qu'après le paiement de la scolarité demandée. L'école n'indique ni ordre de priorité ni liste d'attente.
Le site de Jean-Mermoz ne répondait pas en octobre 2026, et je n'ai pas pu lire sa politique d'admission. Avant de déposer, demandez-la par écrit, avec ses critères de classement. Un point se vérifie en revanche dans l'annuaire de l'AEFE, et il compte. À Jean-Mermoz South, seuls les niveaux de la petite section au CM2 sont homologués. Le collège et le lycée ne le sont pas encore. Un collégien qui rentrera en France ou changera de lycée français doit le savoir avant de s'y inscrire : l'homologation conditionne le passage sans examen dans une autre école du réseau.
Deux règles de Dubaï qui piègent les familles françaises
La première concerne l'âge. À partir de la rentrée 2026-2027, les autorités émiriennes fixent la classe d'un nouvel élève selon son année de naissance, avec le 31 décembre pour date de référence, comme le système français. La règle ne s'applique pas aux élèves déjà scolarisés avant cette rentrée.
La seconde est plus sournoise. L'AFLEC fait signer aux parents d'enfants nés entre le 1er septembre et le 31 décembre une lettre de décharge : si l'enfant part ensuite vers une école américaine ou britannique des Émirats, il devra redoubler. Cela vaut de la petite section au CP. Une famille qui pense passer au système britannique dans deux ans doit le savoir avant de choisir.
Exemple : la campagne pour la rentrée 2027.
Au LFIGP, les inscriptions pour 2027-2028 ont ouvert le 8 octobre 2026 à midi, sur la plateforme Eduka. Les visites, obligatoires sur réservation, ont lieu le jeudi : à 15 h 30 pour la maternelle d'Oud Metha, à 9 h 45 pour l'élémentaire et à 8 h 45 pour le secondaire à Academic City. Les réinscriptions des élèves déjà présents sont annoncées pour mars 2027.
Laquelle choisir
Franchement, la question se règle souvent par la carte. Oud Metha est au cœur de la ville, Academic City loin vers l'intérieur des terres, Al Quoz et Al Barsha South à l'ouest, et le car scolaire coûte jusqu'à 8 527 AED par an au LFIGP. À trajet égal, je regarde trois choses. Le prix du lycée, qui va de 50 700 à 72 000 AED par an selon l'école. L'homologation de chaque niveau, si l'enfant entre au collège. Et, pour un élève qui vise une prépa ou une université sélective, le détail des notes d'inspection en mathématiques, où les trois écoles sont bien placées.
Le bac français international, le BFI, est proposé au LFIGP en première et en terminale, en version bilingue ou trilingue, avec une section internationale britannique de la sixième à la seconde. Si le choix se pose entre ce parcours et l'IB d'une école internationale, les arguments sont dans BFI ou IB.
Chez Carmine, nous aidons une vingtaine de familles par an à choisir l'école, à tenir le calendrier d'inscription, souvent décidé à l'heure près à Dubaï, et à préparer le test de positionnement. La page Entrée dans les écoles décrit cet accompagnement.