Lycée Charles de Gaulle de Londres : inscription, liste d'attente et prix

La façade blanche du Lycée Français Charles de Gaulle, Cromwell Road, avec des élèves devant l'entrée
Le bâtiment principal du lycée, 35 Cromwell Road, à South Kensington. Photo Lincolnite, Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0.

Le Lycée Français Charles de Gaulle est un établissement en gestion directe de l'AEFE, l'agence publique qui pilote le réseau des écoles françaises à l'étranger. Il compte environ 3 450 élèves, de la petite section à la terminale, répartis sur quatre sites. Les familles le disent « plein », et beaucoup s'inscrivent en pensant qu'une liste d'attente classique les classera par ordre d'arrivée. Ce n'est pas ainsi que le lycée attribue ses places, et la différence compte pour la stratégie.

Quatre adresses, deux filières en primaire

Le site historique, 35 Cromwell Road, accueille la maternelle et l'élémentaire de South Kensington, puis tout le secondaire. Trois écoles primaires sont rattachées au lycée : Wix, Wix's Lane, à Clapham (à partir de la moyenne section) ; Marie d'Orliac, Clancarty Road, à Fulham ; André Malraux, Laurie Road, à Ealing.

À South Kensington et à Ealing, l'enseignement se fait en filière « bilingue anglais renforcé » : en français, avec des heures d'anglais en plus. Wix et Marie d'Orliac proposent en outre des « classes internationales », héritières de l'ancienne filière à parité horaire, où l'on travaille moitié en français, moitié en anglais. Pour y entrer à partir de la rentrée 2027, l'enfant doit avoir le niveau de son âge dans les deux langues et passe un entretien en français et en anglais.

Au collège, une seule entrée possible : la section plurilingue. Le lycée ne propose jamais directement de place en section internationale britannique (celle qui mène au BFI, le bac français international) ; on y accède ensuite, sur test. Pour la sixième, seuls les élèves définitivement inscrits avant fin janvier (le 24 janvier 2027 pour la rentrée 2027) sont convoqués au test ; les autres restent en section plurilingue toute l'année. La British Section, enfin, prépare aux GCSE et aux A levels, avec des entrées en Year 10 et en Year 12, sur entretien et examen.

L'ordre de priorité, et ce qu'il signifie

Toutes les demandes passent en commission d'affectation. La date de dépôt n'entre pas en compte. Ce qui compte, c'est la case dans laquelle tombe l'enfant, dans cet ordre :

Critères de première inscription, rentrée 2027
1
Enfants des agents de l'État français affectés à Londres, et du personnel du lycée
Pour le personnel, priorité à un contrat d'au moins un an et à au moins un mi-temps.
2
Frères et sœurs d'un élève déjà inscrit
En maternelle si l'aîné est dans une des écoles primaires du lycée ; au secondaire s'il est au lycée. Pour un enfant venant d'une autre école AEFE de Londres, la règle ne joue que si son école ne propose pas la suite du cursus.
3
Élève scolarisé dans un établissement AEFE
L'année qui précède l'entrée.
4
Élève d'une école publique ou privée sous contrat en France
5-6
Élèves du CNED
D'abord la scolarité complète réglementée, puis les élèves scolarisés au Royaume-Uni et inscrits au CNED en complément.
7
Tout autre enfant francophone
Source : Admission priority criteria 2027-2028, Lycée Français Charles de Gaulle. À l'intérieur de chaque catégorie, les dossiers sont départagés par la proximité entre la date de naissance de l'enfant et une date tirée au sort (le 17 novembre pour la rentrée 2027).

Deux remarques que les familles font rarement au premier abord. La nationalité n'apparaît nulle part : un enfant français qui sort d'une école britannique est en septième position, derrière un enfant étranger qui sort d'un lycée français de Madrid. Et le tirage au sort sur la date de naissance remplace la règle du « premier arrivé » : déposer le dossier le premier jour ne donne aucun avantage dans une même catégorie. En revanche, être dans la bonne campagne en donne un, puisque les places partent au fil des commissions.

Le lycée ajoute deux règles qui coupent net certaines trajectoires. Un élève qui ne vient pas d'une école française passe un test d'évaluation du CE1 à la première, et il n'y a aucune admission en première ni en terminale pour un élève qui ne vient pas du système français. Celui qui vient d'une école française doit présenter un avis de passage, et une fiche de dialogue pour la seconde et la première.

Il n'y a pas vraiment de liste d'attente

Les familles parlent de liste d'attente ; le lycée, lui, fonctionne par campagnes. Plusieurs commissions se réunissent dans l'année, chacune examine les dossiers complets déposés avant sa date limite, et les places disponibles à ce moment-là sont attribuées selon l'ordre ci-dessus.

La politique d'admission contient une phrase qui piège des familles chaque année : un dossier refusé n'est pas reporté d'office à la commission suivante. Le lycée envoie un courriel demandant si l'on souhaite être réexaminé, et c'est à la famille de répondre dans les dates indiquées. Sans réponse, il faut redéposer un dossier. Autre détail du guide : le second parent doit signer électroniquement dans les trois jours suivant le dépôt, faute de quoi le dossier est annulé. Le guide rappelle aussi de surveiller les courriers indésirables autour des dates de décision, les envois se faisant par une plateforme de mailing, et que rien n'est communiqué par téléphone. Aucun recours n'est prévu contre un refus.

Sur les forums de parents du sud-ouest de Londres, le ton est plus nuancé que la réputation : des familles rapportent qu'il faut parfois « quelques mois » d'attente, et qu'en 2024 une école comme Marie d'Orliac avait encore des places, avec des classes proches de trente élèves. Le Good Schools Guide décrit, lui, une école très demandée et une maison « pleine de contradictions », exigeante et chaleureuse à la fois, avec des journées qui peuvent finir à 18 heures selon le niveau.

Exemple : la campagne pour la rentrée 2027.

Élèves des écoles AEFE de Londres, pour le CP, la sixième et la seconde seulement : dépôt du 8 octobre au 1er novembre 2026, décisions dans la deuxième quinzaine de novembre.

Toutes les autres demandes, en six campagnes : jusqu'au 29 novembre 2026 (décisions fin décembre) ; jusqu'au 21 février 2027 (début mars) ; jusqu'au 11 avril (fin avril) ; jusqu'au 23 mai (début juin) ; jusqu'au 15 août (début septembre) ; jusqu'au 5 septembre (fin septembre). Les tests des élèves venant d'un autre système ont lieu les 14 décembre 2026, 8 mars, 26 avril, 7 juin, 1er et 20 septembre 2027.

Source : calendrier des inscriptions 2027-2028 publié par le lycée.

Ma lecture de ce calendrier : pour une famille qui sait qu'elle arrive à Londres en septembre, la première campagne, celle qui se clôt fin novembre, est la seule où toutes les places libérées par les départs sont encore sur la table. Attendre le printemps pour « avoir les bulletins » est une erreur : le lycée demande ceux de l'année précédente et les complète en juin.

Arriver en cours d'année

Les arrivées en cours d'année, après une mutation ou un déménagement, suivent une procédure à part. Le lycée demande de contacter le service des inscriptions un à deux mois avant l'arrivée, avec un titre de séjour, un justificatif de domicile à Londres et une attestation d'emploi. Pour une arrivée en octobre, le dossier doit être déposé avant début septembre. Dans ce cas, la scolarité est facturée au prorata, par mois commencé, à partir de la date d'arrivée proposée par le lycée.

Deux conditions bloquent des dossiers sinon recevables. L'enfant doit vivre avec au moins un de ses parents : pas de famille d'accueil, pas de résidence étudiante. Et le lycée ne parraine pas de visa étudiant ; pour un enfant ni britannique ni irlandais, il faut un visa de personne à charge, un statut de résident ou une exemption diplomatique, l'autorisation de voyage électronique (ETA) n'étant pas acceptée. Sans ce document, l'enfant ne commence pas.

Un détail de calendrier surprend aussi : le lycée classe les enfants par année civile de naissance, comme en France, alors que l'école anglaise coupe au 1er septembre. Un enfant né en novembre peut donc se retrouver une classe plus haut qu'à l'école britannique qu'il quitte.

Les frais en 2026-2027

Les tarifs sont fixés par la direction de l'AEFE, sur proposition du lycée, et publiés chaque année. Depuis janvier 2025, la TVA britannique de 20 % s'applique à la scolarité, sauf en petite section.

NiveauScolarité annuelle, TVA comprise
Petite section13 484 £ (sans TVA)
Moyenne et grande section, anglais renforcé13 410 £
Moyenne et grande section, parité horaire15 459,60 £
Élémentaire, anglais renforcé10 297,20 £
Élémentaire, parité horaire12 556,80 £
Collège et lycée12 556,80 £
Collège et lycée, section internationale (BFI)12 867,60 £
British Section21 542,40 £

S'ajoutent les droits de première inscription, 1 800 £ TVA comprise (1 500 £ en petite section), à payer en quelques jours après l'offre, ni remboursables ni déductibles, et perdus si l'enfant n'arrive pas à la date prévue. La cantine coûte 1 425 £ par an à South Kensington, 982 £ à Marie d'Orliac et André Malraux, 799 £ à Wix. Pour un élève qui entre en sixième à Cromwell Road et déjeune sur place, la première année revient à 15 781,80 £. La facture tombe en trois fois (40 %, 30 %, 30 %) et tout trimestre commencé est dû.

Le lycée n'accorde pas de bourse lui-même. Les familles françaises inscrites au registre consulaire peuvent demander une bourse scolaire au consulat de France, sous conditions de ressources, avec une campagne qui démarre en février pour la rentrée suivante. Le mécanisme est détaillé dans l'inscription dans un lycée français à l'étranger.

Sur la durée, la hausse est nette. Un collectif de parents cité par lepetitjournal.com chiffre les frais du secondaire à 6 348 £ en 2015 et 12 310 £ à la rentrée 2025, et évoquait à la rentrée 2026 la fermeture d'une classe de sixième. Le Good Schools Guide, qui note lui aussi cette pente, juge le lycée encore très avantageux face aux autres écoles privées de Londres. La hausse votée par l'AEFE pour tout le réseau à la rentrée 2026, et la place de Londres parmi neuf lycées français, de Casablanca à New York, sont dans le guide des lycées français à l'étranger.

Ce que deviennent les élèves

Le bac reste la sortie principale. En 2026, 62 % des bacheliers ont obtenu une mention très bien, selon le Good Schools Guide, qui recense pour 2025 des admissions à UCL (21), Bath (21), Warwick (16), King's College (11), Imperial (5), Oxford (3) et Cambridge (2). Une bonne partie des élèves vise donc le Royaume-Uni avec un bac français, ce qui suppose de comprendre comment les universités britanniques lisent ce diplôme : UCAS avec le bac français le détaille. Les autres rentrent en France, souvent vers une prépa ou une école post-bac, avec les questions décrites dans entrer en prépa depuis un lycée français à l'étranger.

Si la place ne vient pas

Londres a d'autres écoles françaises homologuées, du Collège français bilingue de Kentish Town au lycée Winston-Churchill de Wembley, en passant par l'école Jeannine Manuel de Bloomsbury ; je les compare dans quelle école française à Londres. Pour un enfant déjà dans le système français, l'inscription au CNED en scolarité complète le place en cinquième position pour la campagne suivante, devant tous les enfants venus d'écoles britanniques. Et pour un adolescent bilingue qui vise le Royaume-Uni, la British Section du lycée lui-même, en Year 10 ou en Year 12, obéit à un autre recrutement.

Ce que je regarde d'abord avec une famille, c'est la catégorie de l'enfant et la campagne visée : tout le reste en découle. Viennent ensuite le test pour les enfants qui sortent d'un autre système, en français et en maths, et le choix entre section plurilingue et section internationale. Chez Carmine, nous suivons une vingtaine de familles par an sur ces questions de calendrier, de dossier et de préparation des tests ; la page Entrée dans les écoles décrit la méthode.

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