Les familles françaises cherchent « lettre de motivation université américaine » ou « lettre de motivation UCAS », parce que c'est ce que demande Parcoursup. Les universités américaines et britanniques ne demandent pas de lettre de motivation. Elles demandent autre chose, qui porte un autre nom et obéit à d'autres règles, et un élève qui leur envoie une lettre de motivation à la française se trompe d'exercice dès la première ligne.
Ce que demandent les universités américaines
Le Common App, la plateforme commune de candidature, demande un « personal essay » de 250 à 650 mots, sur un sujet à choisir parmi sept. Pour 2026-2027, le Common App a gardé les mêmes sujets que l'année précédente : un élément de son histoire ou de son identité, un obstacle, une idée remise en question, une gratitude inattendue, un moment de croissance personnelle, un sujet qui fait perdre la notion du temps, ou un sujet libre.
En 2025-2026, selon le Common App, le sujet libre a été le plus choisi (28 %), devant l'adversité (23 %) et la croissance personnelle (20 %). La curiosité intellectuelle, le sujet qui parle le plus naturellement de ce qu'un élève veut étudier, n'a été choisie que par 5 % des candidats.
À ce texte s'ajoutent les « supplemental essays » propres à chaque université, dont le fameux « why us », et une rubrique d'informations complémentaires limitée à 300 mots. Aucun de ces textes n'est une lettre : aucun ne s'adresse à « Madame, Monsieur », aucun n'énumère des qualités.
Ce que demandent les universités britanniques
Au Royaume-Uni, UCAS demande un « personal statement » de 4 000 caractères, qui répond depuis 2025 à trois questions : pourquoi cette matière, en quoi les études y ont préparé, ce qui a été fait d'autre pour s'y préparer. Il vaut pour les cinq formations demandées et parle presque exclusivement de la matière. Nous l'avons détaillé dans Le personal statement UCAS.
Pourquoi la lettre de motivation française ne marche pas
La lettre de motivation française suit des codes : formules d'adresse, éloge de la formation, liste de qualités, projet professionnel. Aucun de ces codes ne répond à ce que demandent les universités américaines et britanniques. Un essay américain raconte une histoire précise et en tire une réflexion ; un personal statement britannique montre un intérêt intellectuel en action. Dans les deux cas, le lecteur doit apprendre quelque chose qu'aucune autre pièce du dossier ne lui dit.
Le piège pour un élève français : écrire un texte sur lui qui pourrait être celui de n'importe quel bon élève. « Curieux, rigoureux, passionné par les sciences » ne dit rien. Un problème de maths sur lequel il a buté trois semaines, et ce qu'il a compris en le résolvant, dit tout.
Écrire soi-même
Le Common App considère comme une fraude le fait de présenter comme son propre travail les idées ou le texte d'une autre personne, ou le contenu produit par une intelligence artificielle. UCAS compare chaque personal statement aux textes déjà déposés et aux exemples publiés en ligne. Les deux exigent le même travail : des versions successives, écrites par l'élève, relues pour le fond.
Règles de l'année 2026-2027. Sujets et limites du Common App annoncés le 27 février 2026 ; règles UCAS pour les candidatures à l'entrée 2027. Les deux se vérifient chaque année avant de commencer à écrire.
Par où commencer
Le travail commence par une liste : les moments, les lectures, les problèmes, les décisions qui ont compté. Le sujet de l'essay en sort, rarement le premier venu. Pour le reste du dossier américain, voir Le Common App depuis un lycée français et Les essays « Why us ».
C'est l'accompagnement que nous proposons chez Carmine : trouver le sujet, construire les versions, relire jusqu'à ce que le texte ressemble à l'élève, sans jamais l'écrire à sa place.