L'École alsacienne est le seul établissement privé parisien de ce niveau à publier sa sélectivité. Pas une estimation, pas une fourchette : un chiffre, sur son propre site. Environ 1 400 candidatures pour 210 places, et un taux d'admission moyen de 15,7 %.
Un candidat sur six. C'est à la fois décourageant et précieux, parce qu'une fois ce chiffre connu, on arrête de construire une stratégie sur un seul nom.
Combien de places, et où
La deuxième transparence de l'école est plus utile encore que la première. Elle publie le nombre de places par niveau, ce qui permet de savoir où il est possible d'entrer, et où il ne l'est pas.
La lecture pratique est simple : il y a cinq vraies portes, moyenne section, CP, CM1, sixième et seconde. Partout ailleurs, on candidate à des places qui n'existeront peut-être pas. L'école publie aussi que 38 % des frères et sœurs candidats ont été admis au collège-lycée, ce qui veut dire que même une fratrie n'est pas un laissez-passer.
Le calendrier : huit semaines, en novembre et décembre
L'École alsacienne ouvre sa campagne une fois par an, en novembre, pour la rentrée de septembre suivante, et la referme début janvier. Pour la rentrée 2026, elle a couru du 7 novembre au 2 janvier. L'école publie son calendrier tard, souvent à quelques jours de l'ouverture, et ses pages affichent longtemps la campagne précédente : ne concluez pas trop vite que rien n'a changé.
Deux choses sont néanmoins certaines, parce que l'école les répète : la campagne ouvre en novembre, et aucune demande tardive ne sera acceptée. Il n'y a pas non plus d'inscription en cours d'année. Surveillez donc la page à partir de la fin octobre de l'année qui précède l'entrée, et considérez que vous avez environ huit semaines.
La sélection : un test écrit, et un entretien qui n'est pas celui qu'on croit
La candidature se fait entièrement en ligne, par un formulaire unique que l'on peut remplir en plusieurs fois. Ensuite, le processus se sépare selon le niveau.
Sur un point, l'École alsacienne ne ressemble à aucune de ses voisines, et ses propres mots le disent mieux que moi.
En maternelle et en CP, ce sont les parents qui sont reçus, pas l'enfant. Mais à partir du CE1, l'école écrit : « nous ne recevons pas les parents », et « nous recrutons des élèves, pas leurs parents ».
Comparez avec Saint-Jean de Passy, où la présence des deux parents à l'entretien est impérative. On est loin d'un simple détail d'organisation : ce sont deux façons de concevoir l'admission. Dans un cas, on évalue un projet familial. Dans l'autre, on évalue un enfant, seul, pendant dix minutes, face à un professeur. La préparation n'est pas la même, et le discours parental n'y a aucune prise.
Les tarifs : le seul établissement où l'avis d'imposition est une pièce du dossier
Les frais de dossier sont de 100 euros, non remboursables, prélevés au moment de la demande par carte bancaire. Ils couvrent, dit l'école, le traitement de la candidature, l'organisation des entretiens et des tests. Deux exonérations sont publiées : les familles qui déposent une demande de bourse, et les élèves des établissements partenaires.
La scolarité, elle, est indexée sur le revenu fiscal, en huit tranches. Et la première tranche mérite d'être connue, parce qu'elle contredit tout ce qu'on imagine d'un établissement du sixième arrondissement.
Des réductions se cumulent : de 15 à 30 % selon le nombre d'enfants, 1 à 3 % selon le mode de paiement, 10 % pour les enseignants. L'école publie que 13 % de ses élèves bénéficiaient d'une scolarité aidée. Les tarifs sont votés chaque année en juin, ce qui signifie qu'on dépose sa candidature sans connaître le tarif de l'année visée : comptez sur ceux de l'année en cours, à quelques pour cent près.
Les réponses, et un piège pour les élèves du public
Pour la rentrée 2026, les réponses sont tombées en mars pour la sixième et la seconde, début avril pour le primaire, et fin mai pour les autres niveaux du secondaire. Tout arrive par courriel.
Un avertissement, enfin, que beaucoup découvrent trop tard : un élève scolarisé dans un établissement public parisien qui candidate en seconde doit passer par la procédure académique d'affectation et placer l'École alsacienne en premier vœu. Une admission ne sert à rien si le vœu n'a pas été formulé dans le bon ordre.