Quelle école primaire à Paris au retour d'expatriation : public, bilingue ou IB

Toits d'une école élémentaire publique rue Boileau, dans le 16e arrondissement de Paris
Une école élémentaire publique du 16e : à Paris, l'école publique se choisit par l'adresse. Photo Polymagou, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

Pour un enfant de 3 à 10 ans, l'arrivée à Paris paraît la plus simple : on est encore loin du bac, l'enfant s'adapte vite, une école en vaut une autre. C'est en partie vrai, et en partie un piège. L'école primaire fixe la langue dans laquelle l'enfant apprend à lire et à écrire, le rythme auquel il fait des mathématiques, et souvent le collège qui suivra. Et le choix est plus étroit qu'on ne le croit : l'offre internationale en primaire est limitée, chère, et répartie entre des systèmes qui ne comptent même pas l'âge de la même façon.

Le premier piège : la classe se compte par année civile

En France, un enfant entre en CP à la rentrée de l'année civile où il a 6 ans, quel que soit son mois de naissance. Dans les écoles internationales, ce n'est pas la règle : l'International School of Paris place l'enfant selon son âge au 1er septembre, l'American School of Paris le fait entrer dans la classe qui suit celle qu'il vient de terminer. Le même enfant, né en novembre, peut donc se retrouver une classe plus haut ou plus bas selon l'école choisie. Dans le public, les textes l'inscrivent dans la classe de son âge.

Âge atteint dans l'année civileClasse à la rentrée de septembre
3 ansPetite section de maternelle
4 ansMoyenne section
5 ansGrande section
6 ansCP
7, 8, 9, 10 ansCE1, CE2, CM1, CM2

L'école publique à Paris : gratuite, sectorisée, en français

L'inscription se fait à la mairie d'arrondissement, en ligne ou sur place, avec une pièce d'identité, le livret de famille ou l'acte de naissance, un justificatif de domicile et le carnet de vaccinations. La mairie donne l'école de secteur ; la directrice ou le directeur enregistre ensuite l'enfant. Les campagnes d'inscription pour septembre ouvrent au printemps.

Pour un enfant qui ne parle pas français, tout dépend de l'âge :

  • En maternelle, il n'y a pas de classe d'accueil : l'enfant va dans la classe ordinaire de son âge, et c'est là qu'il apprend le français.
  • De 6 à 10 ans, la mairie l'oriente vers l'école la plus proche qui a une classe d'accueil (UPE2A). Un enseignant l'évalue en français et en mathématiques, puis il rejoint la classe d'accueil, avec au moins neuf heures de français intensif par semaine la première année, ou directement une classe ordinaire.

Le public parisien compte aussi huit sections internationales en primaire : allemand, arabe, chinois (trois écoles), italien, japonais et russe. Aucune n'est en anglais. Une famille anglophone qui veut garder l'anglais à l'école primaire se tourne donc vers le privé, ou vers les sections internationales de Saint-Germain-en-Laye et de la proche banlieue.

Le programme IB primaire (PYP) à Paris : deux écoles

Le programme primaire de l'IB, le PYP, s'adresse aux enfants de 3 à 12 ans. Ce n'est pas un programme au sens français : c'est un cadre, organisé autour de thèmes transdisciplinaires et de l'apprentissage par l'enquête, dont chaque école construit le contenu. L'école élémentaire française, elle, suit des programmes par matière et par année, fixés par l'État et vérifiés par des évaluations nationales chaque année du CP au CM2.

En Île-de-France, seules deux écoles sont autorisées par l'IB à enseigner le PYP : ICS Paris (15e), où tout est enseigné en anglais avec quatre heures de français par semaine, et l'International School of Paris (16e), où le français est obligatoire en petits groupes de niveau. Jeannine Manuel, l'EIB et l'American School of Paris ne proposent l'IB qu'au lycée.

Les autres écoles internationales et bilingues

  • École Jeannine Manuel (15e) : sous contrat, programme français enrichi en anglais et en sciences, à partir de 4 ans à Paris. Les entrées principales sont en moyenne section, grande section et CP, l'école est très demandée et la liste d'attente n'est pas classée. Un programme d'adaptation accueille les enfants qui parlent peu ou pas français à partir du CE1.
  • École internationale bilingue (EIB) : plusieurs écoles primaires parisiennes, à moitié en français et à moitié en anglais à Grenelle, au Trocadéro et à Wagram, ou en programme français avec de l'anglais dans d'autres sites.
  • British School of Paris (Croissy-sur-Seine) : programme anglais, de 3 à 11 ans en Junior School.
  • American School of Paris (Saint-Cloud) et Marymount (Neuilly-sur-Seine) : programmes américains en anglais, avec du français chaque jour à l'ASP.

Frais annuels en primaire (6-11 ans) pour 2026-2027, d'après les sites des écoles.

  • École Jeannine Manuel : 10 260 €, plus 1 650 € de première inscription. Le programme d'adaptation (4 295 €) est pris en charge par une fondation pour les enfants de chercheurs, professeurs invités, diplomates ou militaires étrangers en poste.
  • ICS Paris : 24 759 €, plus 7 500 € de frais d'entrée la première année.
  • International School of Paris : 31 400 €, plus 10 000 € de droit d'entrée et 1 200 € de dossier.
  • American School of Paris : 34 600 €, plus 12 200 € la première année et 1 450 € de dossier.
  • Marymount : 34 400 €, plus 12 400 € la première année et 1 400 € de dossier.

Les tarifs de l'EIB et de la British School of Paris ne sont pas publiés en clair sur leur site : demandez-les directement.

L'écart est considérable : entre Jeannine Manuel et une école anglophone, on passe d'environ 10 000 € à 35 000 € par an, frais d'entrée en plus. La différence ne tient pas au prestige mais au statut : Jeannine Manuel est sous contrat et l'État y paie les enseignants.

Ce que le primaire décide pour la suite

Le choix du primaire engage la langue de l'écrit. Un enfant qui apprend à lire et à écrire en anglais aura plus tard un écart en français écrit à combler s'il rejoint le système français ; l'inverse est vrai pour l'anglais. Il engage aussi les mathématiques : les programmes français fixent des attendus précis chaque année, et un enfant qui arrive d'un autre système en CM1 ou en CM2 peut avoir de l'avance sur certains points et du retard sur d'autres.

Enfin, le primaire prépare l'entrée au collège, qui à Paris est le moment où l'on a le plus de choix. Les grands collèges privés recrutent l'essentiel de leurs élèves en sixième, sur dossier et parfois sur tests, avec des inscriptions qui commencent l'automne de l'année de CM2. Une famille qui arrive en CE2 ou en CM1 a le temps de préparer cette étape ; je l'explique dans Quel collège à Paris.

Quatre questions pour choisir l'école primaire

  1. Combien de temps la famille reste-t-elle ? Deux ou trois ans avant un nouveau départ : une école anglophone ou IB garde la continuité. Une installation durable : le système français, bilingue si possible.
  2. Dans quelle langue l'enfant apprend-il à écrire ? C'est la décision qui pèse le plus sur la suite.
  3. Où la famille s'installe-t-elle ? L'adresse donne l'école publique ; Croissy, Saint-Cloud ou Neuilly changent le trajet vers les écoles anglophones.
  4. Quel budget sur toute la scolarité ? Une école anglophone de la maternelle au bac représente plusieurs centaines de milliers d'euros par enfant.

Mesurer avant de choisir

Avec les familles qui arrivent, je commence par trois tests à la maison, en français, en mathématiques et en anglais, corrigés et commentés, puis un entretien avec l'enfant et un avec les parents. Le niveau réel, plus que la réputation d'une école, dit où l'enfant sera à l'aise et ce qu'il faut travailler avant d'y entrer. Pour les règles générales de l'école française quand on arrive, voyez Scolarité des enfants expatriés à Paris.

← Tous les articles

Votre enfant arrive à Paris ?

Trois tests, deux entretiens, une note écrite : le niveau réel avant de choisir l'école.

Réserver un diagnostic stratégique Comment nous préparons l'entrée