« Quel lycée pour entrer en prépa ? » La question se pose souvent en troisième, quand les familles choisissent le lycée, ou en seconde, quand elles hésitent à changer. On entend tout et son contraire : qu'il faut être dans un grand lycée parisien pour avoir une chance, ou au contraire qu'il vaut mieux être premier dans un lycée moyen. Les données publiques de Parcoursup permettent d'y voir plus clair, parce qu'elles disent d'où viennent les admis de chaque classe.
Le lycée d'origine compte, surtout dans trois lycées parisiens
En 2025, en moyenne, 8 % des admis en prépa venaient du lycée même qui accueille la classe. Dans les grandes prépas scientifiques de Paris qui ont aussi un lycée, la part est bien plus forte :
| Classe | Admis venant du même lycée | Venant de l'académie |
|---|---|---|
| Stanislas, PCSI | 30 % | 56 % |
| Louis-le-Grand, PCSI | 27 % | 47 % |
| Henri-IV, PCSI | 23 % | 45 % |
| Louis-le-Grand, MPSI | 19 % | 37 % |
| Stanislas, MPSI | 17 % | 37 % |
| Henri-IV, MPSI | 14 % | 43 % |
| Saint-Louis, MPSI | 0 % | 25 % |
| Sainte-Geneviève, MPSI | 0 % | 20 % |
À Louis-le-Grand, Henri-IV et Stanislas, entre un admis sur sept et près d'un sur trois sort de la terminale du lycée. Ce n'est pas un passe-droit : ces lycées recrutent déjà des élèves très forts en seconde, et leurs professeurs de prépa connaissent parfaitement les bulletins de leurs propres terminales. Saint-Louis et Sainte-Geneviève, eux, n'ont pas de classes de lycée : tous leurs admis viennent d'ailleurs, et ils recrutent largement hors de leur académie.
Source. Données publiques Parcoursup, session 2025 : part des admis issus du même établissement et de la même académie, pour les classes de MPSI et de PCSI. Les chiffres changent un peu chaque année.
En région, l'académie compte plus que le lycée
Hors de Paris, les grandes prépas recrutent surtout dans leur académie : plus de 70 % des admis à Pierre-de-Fermat à Toulouse, à Joffre à Montpellier ou à Clemenceau à Nantes, 80 % ou plus à Hoche à Versailles et à Blaise-Pascal à Orsay. Un très bon élève d'un lycée de sa région a donc une vraie place dans la grande prépa de son académie, sans avoir besoin de passer par un lycée parisien. Le lycée du Parc, à Lyon, fait exception avec un recrutement beaucoup plus national.
Grand lycée ou premier de sa classe ?
Les commissions classent sur les notes, les moyennes de classe, les rangs et les appréciations. Un élève premier en maths dans un lycée exigeant porte un signal très fort ; un élève premier dans un lycée où la notation est généreuse aussi, mais il sera lu avec plus de prudence. Ce qui ne marche pas, c'est d'être moyen dans un grand lycée en comptant sur son nom.
Le bon lycée pour entrer en prépa est donc celui où l'élève peut être en tête de classe en maths et en physique, avec des professeurs qui le poussent et des appréciations qui le distinguent. Pour un élève très fort, un grand lycée à prépas ajoute un avantage réel, que les chiffres confirment. Pour un élève bon mais pas exceptionnel, un lycée solide où il brille vaut souvent mieux qu'un grand lycée où il se noie.
Entrer dans ces lycées dès la seconde
Henri-IV et Louis-le-Grand recrutent en seconde selon des procédures très sélectives, et Stanislas, établissement privé, selon la sienne. Ces entrées se préparent en troisième, et parfois plus tôt. J'ai détaillé les procédures des collèges et lycées parisiens dans Entrer à Stanislas et la page Entrée dans les écoles. Les niveaux de recrutement des prépas elles-mêmes sont dans Quelle moyenne pour Louis-le-Grand, Henri-IV, Stanislas.
Choisir le lycée en fonction de la prépa visée, puis construire le dossier pendant trois ans, c'est le travail que nous faisons avec les familles chez Carmine. Pour les maths, qui décident de presque tout, je prépare les élèves en cours particuliers.