Concours SESAME : ce que le règlement dit, et que les candidats ne lisent pas

Le campus de l'ESSEC à Cergy
Le campus de l'ESSEC à Cergy, l'une des treize écoles du concours SESAME. Photo Chatsam, Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0.

Le concours SESAME fait entrer, juste après le bac, dans treize écoles de commerce et de management, sur quinze programmes : des bachelors en quatre ans, dont l'ESSEC Global BBA, et des programmes grande école en cinq ans. Beaucoup de familles le voient comme un QCM de culture générale qu'on passe un mercredi d'avril, entre deux révisions du bac.

Le règlement et le tableau des coefficients, publiés chaque année par SESAME, racontent autre chose. Le concours commence dès la première, chaque école compte les épreuves à sa façon, et le jour des écrits obéit à des règles qui piègent ceux qui ne les ont pas lues.

Un seul vœu, une seule journée, treize écoles

SESAME est une banque d'épreuves : les écrits sont communs à toutes les écoles, puis chacune applique ses propres coefficients et organise ses oraux. L'inscription passe par Parcoursup, où « Concours SESAME » forme un seul vœu, avec les écoles en sous-vœux. Les droits d'inscription sont les mêmes quel que soit le nombre de programmes choisis.

Première conséquence : rien ne justifie de se limiter à deux écoles. Les mêmes notes servent partout, et un programme de plus ne coûte rien.

Le concours commence en première : la note de dossier

À côté des écrits, chaque candidat reçoit une note de dossier, calculée à partir des notes de première, des deux premiers trimestres de terminale, des épreuves anticipées du bac, en français et désormais en mathématiques, et de la fiche Avenir remplie par le lycée.

Son poids surprend. À l'ESSEC Global BBA et à l'emlyon Global BBA, le dossier a un coefficient de 25, plus que n'importe quelle épreuve écrite. Au NEOMA Global BBA, il pèse 20. Un élève qui a laissé filer sa première arrive donc au concours avec un retard que la meilleure journée d'avril ne comblera pas entièrement. Dans d'autres programmes, le dossier ne compte qu'en bonus, seuls les points au-dessus de 10 étant retenus.

Lire le tableau des coefficients avant de choisir ses écoles

C'est le document le plus utile du concours, et le moins lu. Les épreuves sont les mêmes pour tous, mais les écoles ne cherchent pas le même profil, et leurs coefficients le disent sans détour :

  • l'ESSEC Global BBA donne aux mathématiques un coefficient de 14, le plus élevé du concours ;
  • l'ESCE met l'anglais à 20, le NEOMA Global BBA à 15 ;
  • le programme TEMA de NEOMA met les compétences numériques à 15 ;
  • à l'EDC, à l'EM Normandie et à la Paris School of Business, l'entretien pèse 50, contre 15 à l'emlyon.

Un élève solide en maths a intérêt à viser l'ESSEC. Un élève bilingue, comme le sont beaucoup d'élèves de lycée français à l'étranger, prend un avantage net dans les écoles qui pèsent lourdement l'anglais. Celui dont l'écrit est moyen mais qui parle bien jouera sa place dans les écoles où l'entretien compte le plus.

Le tableau signale aussi des notes éliminatoires : un zéro à n'importe quelle épreuve écrite élimine de l'International BBA de KEDGE, et plusieurs filières anglophones éliminent sous 10 en anglais. Mieux vaut le savoir avant de s'inscrire.

Le jour des écrits : sept épreuves, à la maison, sans brouillon

Les écrits se passent en une seule journée, chez soi, sur ordinateur, sous surveillance par webcam et micro. Il n'y a pas de session de rattrapage : une absence élimine. Trois séquences se suivent : compétences numériques, enjeux contemporains et mathématiques ; puis français, anglais et deuxième langue ; enfin une analyse documentaire de deux heures. Tout se fait en questions à choix.

Quatre règles changent la préparation.

Une mauvaise réponse ne coûte rien de plus qu'une absence de réponse : les deux valent zéro. Il ne faut donc jamais laisser une question vide.

On ne revient pas en arrière. Sauf en analyse documentaire, une réponse enregistrée est définitive, et la question suivante n'apparaît qu'ensuite. Impossible de garder une question difficile pour la fin : il faut trancher, répondre, avancer.

Ni brouillon, ni stylo, ni calculatrice personnelle. Le règlement interdit tout matériel sur le bureau ; en mathématiques, seule la calculatrice intégrée à la plateforme est permise. Vingt exercices en quarante minutes sans poser un calcul sur papier : cela s'entraîne, et c'est là qu'un bon élève perd le plus de points faute d'habitude.

Les enjeux contemporains portent sur les dix mois qui précèdent l'épreuve. Pour des écrits début avril, cela remonte au mois de juin de l'année de première. Suivre l'actualité chaque semaine dès l'été vaut mieux que la réviser en mars.

Avant les écrits, une session préparatoire obligatoire de deux heures doit être faite sur le même ordinateur que le jour J. Sans elle, pas de convocation.

Les oraux : là où le classement se joue

Les candidats admissibles passent ensuite les oraux de chaque école, une trentaine de minutes : un entretien individuel ou une épreuve propre à l'école, souvent complétés par un entretien en langue étrangère. Les créneaux se réservent sur l'espace candidat, dans l'ordre d'arrivée : il faut se connecter le jour de l'ouverture. Un élève qui réside à l'étranger peut, selon les écoles, passer ses oraux à distance.

Avec des coefficients qui montent jusqu'à 50, l'entretien n'est pas une formalité. Le jury attend un projet, une connaissance précise du programme visé, et la capacité de réfléchir à voix haute devant une question inattendue. Le lycée y prépare peu.

Depuis un lycée français à l'étranger

Un élève qui passe le bac français, même à l'étranger, doit s'inscrire au concours par Parcoursup : l'admission sur titre, c'est-à-dire la candidature directe auprès des écoles, ne lui est pas ouverte. Un élève qui prépare un bac étranger ou l'IB a le choix entre le concours, s'il maîtrise assez le français, et une candidature directe auprès de chaque école, sauf l'EM Normandie, qui ne recrute en première année que par SESAME. On ne peut pas emprunter les deux voies pour la même école.

Pour les familles qui hésitent entre ces programmes et un bachelor plus international, j'ai comparé deux formations très demandées dans les bachelors HEC-Bocconi et ESSEC-CentraleSupélec.

Par où commencer

Avec un élève qui vise SESAME, je commence par poser le tableau des coefficients à côté de ses bulletins : les deux ensemble disent quelles écoles valent le vœu et où il faut gagner des points. On prépare ensuite ce qui pèse le plus pour lui, le plus souvent les maths sans brouillon et l'entretien.

Chez Carmine, nous construisons cette stratégie avec la famille, du choix des écoles à la préparation des oraux. Pour le calendrier d'ensemble, voir quand commencer à préparer les admissions post-bac.

Concours SESAME 2027. D'après le site officiel du concours : treize écoles et quinze programmes ; inscriptions sur Parcoursup de mi-janvier à mi-mars 2027 ; écrits le mercredi 7 avril 2027 ; réservation des oraux à partir du 22 avril ; oraux du 24 avril au 15 mai 2027. Droits d'inscription : 315 €, réduits de moitié pour les boursiers. Les coefficients cités sont ceux du tableau publié pour 2027 ; les règles des écrits (brouillon, calculatrice, retour en arrière) et le nombre maximal de présentations, deux pour l'ESSEC Global BBA et l'emlyon Global BBA, viennent du règlement 2026, à vérifier dans celui de 2027.

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Choisir ses écoles SESAME et préparer les oraux

Le tableau des coefficients face aux bulletins de votre enfant, les écoles qui valent le vœu, puis la préparation des écrits et des entretiens.

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